Sport Santé Hautes Terres

9 novembre 2017

Noël Bultez revient sur les enjeux du programme « Sport Santé Hautes-Terres » : après une première session aux résultats encourageants, une seconde vient de commencer dans les hautes-terres cantaliennes.

 

Aux origines : la rencontre d’un porteur de projet et d’une collectivité territoriale.

 

« Ce projet est avant tout le projet d’un territoire et donc d’humains. Les élus de Hautes Terres communauté ont pleinement conscience de la nécessité d’assurer un avenir durable au territoire et à ses habitants. Pour cela, ils se sont engagés dans une démarche dynamique de développement et d’innovation en s’engageant notamment dans le champ du Sport Santé, un enjeu de santé publique.

En 2012, la collectivité a élaboré un projet de santé dans lequel elle a inscrit la construction de deux Maisons de santé et la mise en œuvre d’un dispositif Sport Santé sur ordonnance ouvert à l’ensemble de ses habitants.

C’est dans ce cadre sécurisé et dynamique qu’a pu voir le jour le dispositif Sport Santé Hautes Terres. »

 

Des résultats encourageants

 

« Ouvert à l’ensemble des habitants de Haute-Terre Communauté, ce programme s’inscrit pleinement dans le cadre du décret de la prescription d’activité physique sur ordonnance. Ainsi, des personnes atteintes de diabète de type 2 stabilisé, en situation d’obésité, de surpoids, mais aussi des personnes souffrant d’hypertension stabilisée ou de maladies respiratoires pourront accéder aux activités proposées.

Le dénominateur commun de ces publics est qu’ils présentent des comportements à risque comme la sédentarité, une mauvaise hygiène alimentaire.

La première session que nous avons mise en place a duré trois mois. Vingt trois participants âgés de 40 à plus de 80 ans, ont pris part à ce programme et aucun n’a abandonné par manque de motivation. Nous avons bien sûr constaté des bénéfices sur la condition physique, mais aussi les bienfaits psychosociaux de ce programme sur ces personnes.

Nous apportons les prestations aux bénéficiaires en nous rendant au plus près de leur domicile, sur les communes de Murat et de Massiac pour le moment. L’objectif est de lever d’emblée les freins potentiels en proposant l’activité physique à deux pas de leurs lieux d’habitation. »

 

Vers une pratique autonome…

 

« De manière concrète, nous expérimentons un principe en étant très attentifs à la notion d’autonomisation des bénéficiaires. Chaque semaine, ils participent à deux séances d’activités physiques encadrées et une séance « en autonomie ». Cela les incite tout de suite à avoir une démarche volontaire et plus participative et ainsi ne pas se laisser « porter » par le programme. Au lieu de choisir une association où pratiquer en fin de dispositif, nous les encourageons à intégrer un club ou une association en capacité de les recevoir dès le début. Les bénéficiaires pourront effectuer leur « marché » parmi les offres locales proposées. Ainsi, ils peuvent avoir un pied dans une démarche autonome en pratiquant une fois par semaine une activité dans un club.

Nous n’avons pas vocation à les garder. Ce programme est un tremplin. Au travers de nos évaluations, nous espérons apporter un début de réponse à ces problèmes liés aux comportements à risque.

Nous faisons régulièrement le point pendant, mais aussi après le programme. Le suivi a une importance majeure dans ce projet : cela n’a de sens que si on modifie durablement les habitudes des participants. Il permet de faire évoluer et perdurer de nouveaux bons comportements acquis durant la session. »

 

Les facteurs clés du succès de ce programme

 

« On réfléchit, on améliore, on optimise. Nous vivons dans un milieu à dominante rurale, ce qui nous permet de croiser les bénéficiaires régulièrement. Nous faisons le point ensemble sur la poursuite de leurs pratiques. Le levier le plus efficace va être la pratique en groupe, cela augmente les chances de pérennisation de l’activité physique. Ils s’inscrivent souvent ensemble pour marcher ou pratiquer une autre activité.

Notre équipe est pluridisciplinaire, elle est composée de médecins, pneumologue, masseur-kinésithérapeute, diététicienne-nutritionniste, psychologue et éducateur sportif spécialisé, ce qui permet d’impulser une véritable dynamique à notre projet. C’est aussi ce qui fait la richesse de ce programme et que l’on obtient des résultats encourageants sur cette première session.

Les séances d’activité physique sont complétées par des ateliers diététiques. Ces séances fonctionnent par session, certains ateliers sont ciblés selon la pathologie, les comportements alimentaires. La psychologue propose également des séances de groupe durant lesquelles pourront être abordés les troubles du comportement alimentaire, la motivation et l’estime de soi.

Nous avons la chance de pouvoir compter sur l’expertise et le soutien de partenaires indispensables tels que l’ARS, l’ONAPS, le Pôle Médical Sportif du CREPS de Vichy-Auvergne, le CMS d’Aurillac, mais également du Professeur Martine Duclos. C’est remarquable de pouvoir disposer de partenaires comme ceux-là.

La deuxième session a commencé durant le mois de septembre, en tenant compte des retours de terrain de cette première phase. Nous ouvrons ce programme aux personnes souffrant d’hypertension artérielle, de syndromes métaboliques. Nous agissons toujours dans cette volonté affichée de prévention en plus du cadre du décret. »

 

Vers une offre d’activité physique adaptée

 

« La plateforme « Sport Santé Bien-Être », en cours d’élaboration est une formidable opportunité de fédérer différents professionnels et institutions autour de cette thématique. Il va en découler une mise en réseau plus facile avec des acteurs identifiés sur le terrain. Les associations pourront s’approprier cette thématique avec des offres plus typées sport santé. Le bénéfice sera universel tant pour la population que pour les professionnels de l’offre adaptée. C’est agréable de travailler avec des acteurs comme le DAHLIR, par exemple, qui parlent le même langage et comprennent l’intérêt d’une telle démarche. »

 

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